Sur l'étude lyonnaise des biais à l'embauche, ce qui m'a le plus frappée
Je ne suis pas spécialiste des questions d'embauche mais en tant que praticienne hospitalière je participe régulièrement à des jurys de recrutement. L'étude de l'université de Lyon sur les biais des IA RH (publiée la semaine dernière) m'a fait réfléchir.
Ce qui me frappe ce n'est pas tant le résultat (les femmes de plus de 50 ans sous-représentées dans les CV shortlistés, c'était à prévoir vu les datasets d'entraînement). Ce qui me frappe c'est qu'on parle de cette discrimination comme si elle était nouvelle. Elle ne l'est pas. La même discrimination existait avant l'IA, elle était portée par les recruteurs humains, et personne n'avait jamais réussi à la mesurer aussi finement.
Paradoxalement, l'IA rend visible un biais humain qui était caché. C'est inconfortable pour tout le monde : pour les femmes concernées qui découvrent qu'elles étaient déjà discriminées, pour les recruteurs qui doivent se confronter à leurs propres préjugés, pour les entreprises qui ne peuvent plus se cacher derrière le "choix subjectif d'un humain".
Je pense qu'à terme ces études vont accélérer une chose : la fin du recrutement opaque. On va passer d'une situation où personne ne pouvait prouver la discrimination à une situation où elle sera mesurable et donc attaquable. C'est une bonne nouvelle, même si le déclencheur (un système biaisé) est inquiétant.
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