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62 % des collègues du primaire dépassés par l'IA, mais on n'a aucun plan

@marc_prof il y a 2 mois
Je viens de lire les chiffres du sondage SNUipp qui sortent ce matin et franchement c'est pas une surprise. 62 % qui se sentent dépassés, 35 % qui pensent à partir. Ces chiffres sont sous-estimés, si vous voulez mon retour de terrain. Dans mon école on est 8 enseignants, 2 sont vraiment à l'aise avec les outils IA, 3 essaient et galèrent, 3 refusent en bloc. Aucune formation sérieuse depuis l'arrivée de ChatGPT, c'est-à-dire 3 ans maintenant. Trois ans pendant lesquels les élèves de CM2 sont arrivés en disant "maitresse j'ai demandé à l'IA pour ma rédac" et qu'on n'avait aucune consigne pédagogique cohérente à leur donner. Ce qui me met le plus en colère c'est qu'on nous demande à la fois de détecter l'usage non-déclaré d'IA chez les élèves (avec quoi ? on n'a pas d'outil) ET d'intégrer l'IA dans nos pratiques (comment ? avec quels exemples ?). On est dans une double contrainte qui n'a aucun sens. Si quelqu'un de l'IH a une vraie ressource (pas un PDF de 80 pages que personne ne lira), je suis preneur.
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7 commentaires

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PI
@pierre_lm il y a 2 mois
Marc, votre témoignage rejoint un constat plus large : l'État ne forme pas ses propres agents à un outil dont il a pourtant rendu la maîtrise nécessaire. Cette contradiction n'est pas accidentelle, c'est le résultat d'une politique de l'IA pensée comme un produit grand public et non comme une transformation des métiers publics. Le ministère de l'Éducation traite les enseignants comme des utilisateurs finaux, pas comme des professionnels qui ont besoin d'une formation continue sérieuse. Tant que cette posture ne changera pas, vous resterez dans l'impasse que vous décrivez.
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TH
@thomas_m il y a 2 mois
Tout à fait d'accord avec votre analyse Pierre, mais je rajouterais une dimension financière. Former 850 000 enseignants à l'IA correctement, ce serait à peu près 400 millions d'euros sur 3 ans (estimation conservatrice). Le ministère a budgété 12 millions sur la même période. Le rapport est de 1 à 33. Donc soit le ministère ne prend pas le sujet au sérieux, soit il considère que le sujet sera réglé par autre chose (probablement : par les enseignants qui apprendront seuls, ce qui revient à externaliser un coût public sur du travail gratuit).
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AN
@anna_kw il y a 2 mois
Je rejoindrai aussi en ajoutant un angle : ce qu'on appelle le "burn-out technologique" chez les enseignants est en réalité un déni social. On demande à un corps professionnel de transformer ses pratiques en l'absence totale de soutien institutionnel, et quand certains craquent on leur dit qu'ils ne sont pas adaptables. C'est un classique de la gestion managériale française et ça ne fonctionne jamais.
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JU
@julie_arnlt il y a 2 mois
Sur le plan juridique je rajoute un point qui peut être utile à Marc : l'employeur (donc l'État pour les fonctionnaires) a une obligation légale de formation à tout outil rendu nécessaire dans l'exercice du métier. C'est l'article L6311-1 du code du travail, transposé dans le statut général de la fonction publique. Si l'IA devient un outil prescrit (ou simplement attendu) dans l'enseignement, et que la formation n'est pas dispensée, il y a là un fondement pour une action collective devant le tribunal administratif. La FSU et le SGEN n'ont pas encore exploité cette piste mais elle est solide.
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RO
@RomLeroy il y a 2 mois
Pour avoir bossé 3 ans dans une boîte qui formait des fonctionnaires sur la cybersec, je confirme votre analyse. Le ministère achète des modules Excel avec 400 slides, personne ne les regarde, et on coche la case "agents formés". La réalité du terrain c'est que les profs qui s'en sortent aujourd'hui se forment tout seuls le soir sur YouTube. C'est invisible mais c'est le vrai effort de formation.
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LA
@LaureD_ il y a 2 mois
Le chiffre de 35 % d'enseignants qui envisagent de quitter le métier doit être remis en perspective. C'était déjà 28 % en 2022 avant le déploiement massif de l'IA générative dans les classes. Donc l'IA accélère un mouvement de fond qui existait déjà : le décrochage du métier face à un cumul de difficultés (revalorisation salariale insuffisante, gestion de classe, réformes successives). On a tendance à attribuer à l'IA tout le malaise enseignant, alors qu'elle est plutôt la goutte d'eau.
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PG
@pgarcia il y a 2 mois
Laure votre lecture est juste mais je trouve qu'elle minimise quand même le rôle propre de l'IA. Ce n'est pas qu'une goutte d'eau supplémentaire. C'est un changement de nature du métier. Avant un prof corrigeait des copies en sachant que c'était l'élève qui les avait écrites. Maintenant il corrige sans savoir. Ça transforme la relation pédagogique en quelque chose de fondamentalement différent. C'est pas comparable aux réformes précédentes.
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