L'Inde, troisième pôle de l'IA mondiale qui ne dit pas son nom
On parle énormément des États-Unis et de la Chine en matière d'intelligence artificielle, et beaucoup moins de l'Inde, qui est pourtant en train de construire à très bas bruit un troisième pôle dont l'ampleur est sans doute sous-estimée par les chancelleries occidentales.
Quelques éléments factuels. L'Inde forme 1,5 million d'ingénieurs informaticiens chaque année, soit deux fois et demi plus que les États-Unis. Le projet IndiaAI Mission, annoncé en 2024 et financé à hauteur de 1,2 milliard de dollars sur cinq ans, prévoit la création d'un cloud souverain GPU et d'un fond pour les startups IA locales. Le modèle BharatGPT, développé par l'IIT Madras avec un soutien étatique, couvre désormais quatorze langues indiennes et se positionne comme l'équivalent local de Mistral pour la Francophonie.
Ce qui change la donne géopolitiquement, c'est que l'Inde n'est ni alignée sur le bloc américain ni sur le bloc chinois. New Delhi joue sa propre partition, négocie séparément avec OpenAI, Google, Mistral et les acteurs chinois, et construit une infrastructure qui lui est propre. Pour une France et une Europe qui peinent à arbitrer entre dépendance américaine et fermeture défensive, c'est un modèle de troisième voie qui mérite un peu plus d'attention que ce qu'il en reçoit aujourd'hui.
J'aimerais bien lire des analyses sérieuses sur ce sujet en français. Si quelqu'un a des références, je suis preneur.
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