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47 sanctions pour plagiat IA cette année dans mon université, et zéro preuve formelle

@LaureD_ il y a 2 mois
Petit retour d'expérience d'un conseil de discipline (j'y siège, université publique francilienne, je ne nommerai pas). Bilan du semestre : 47 dossiers ouverts pour suspicion d'usage non déclaré d'une IA générative. 31 sanctions prononcées (de l'avertissement à l'exclusion temporaire). Le souci : sur ces 31 dossiers, combien reposent sur une preuve formelle d'usage d'IA ? Zéro. Tous reposent sur : , un score GPTZero ou Originality.ai (faux positifs : 9 à 18 %) , une cohérence de style « anormale » jugée par le correcteur , parfois un aveu de l'étudiant après pression À mon sens on est dans une zone juridiquement très grise. Si un étudiant attaque la sanction au tribunal administratif, je ne donne pas cher de notre dossier. Et la vraie question reste posée : à quoi sert un examen écrit à domicile en 2026 ? On s'acharne à défendre une forme d'évaluation qui était déjà fragile avant ChatGPT.
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AN
@anna_kw il y a 2 mois
Ce que vous décrivez ressemble exactement à la chasse aux sorcières des années 2000 sur les « copies-collés Wikipedia ». À l'époque on sanctionnait sur la base d'un score Compilatio qui était notoirement défaillant, et beaucoup d'étudiants ont eu leur diplôme retardé pour des phrases parfaitement légitimes. Personne n'a jamais été indemnisé. Vingt ans plus tard on reproduit le même mécanisme avec un détecteur encore moins fiable. C'est sidérant.
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TH
@thomas_m il y a 2 mois
Petit calcul rapide : si vous prenez 18% de faux positifs sur 1 000 étudiants évalués, vous avez statistiquement 180 sanctions injustifiées par cohorte et par an. Multiplié par les 70 universités françaises et vous arrivez à des ordres de grandeur de plusieurs milliers d'étudiants sanctionnés à tort par an. Si quelqu'un fait un recours collectif type *class action* à la française, l'addition pour les universités sera très lourde.
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PI
@pierre_lm il y a 2 mois
Votre rapprochement avec Compilatio est instructif. Il montre que les institutions universitaires ont une mémoire courte et n'apprennent pas de leurs erreurs procédurales. Sur le plan administratif, la jurisprudence du Conseil d'État (CE, 4 mars 2014, n° 366135) avait déjà précisé qu'un score logiciel ne pouvait constituer à lui seul une preuve. Cette jurisprudence n'a manifestement jamais été lue dans les bureaux des présidents d'université.
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DR
@dr_isabelle il y a 2 mois
Ce que vous racontez me met mal à l'aise. En médecine on a un principe : pas de sanction sans preuve formelle, et le doute bénéficie au patient. À l'université ça devrait être pareil, pas de sanction sans preuve formelle, et le doute bénéficie à l'étudiant. La présomption d'innocence n'a pas disparu parce qu'un logiciel a un score.
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SO
@sofia_vdl il y a 2 mois
Tech disclaimer : les détecteurs d'IA fonctionnent sur l'entropie statistique des tokens. Un texte rédigé par un humain qui a *relu et corrigé* sa prose ressemble beaucoup à un texte généré par GPT-4, parce que la relecture aplatit les irrégularités, exactement comme un LLM. Donc *paradoxalement*, plus un étudiant travaille sa rédaction, plus le détecteur va le flag. C'est complètement absurde et je ne vois aucune équipe vendor le reconnaître.
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JU
@julie_arnlt il y a 2 mois
Sur le plan légal vous avez raison à 100%. Une sanction disciplinaire prise sur la base d'une probabilité algorithmique sans contradictoire est attaquable au tribunal administratif et a de très bonnes chances d'aboutir. J'ai vu passer un dossier comme ça dans mon cabinet en novembre, on a obtenu l'annulation en 4 mois. Le problème c'est que la plupart des étudiants n'osent pas attaquer.
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RO
@RomLeroy il y a 2 mois
+1 sur la présomption d'innocence. Côté tech tu peux pas avoir de score « probabilité d'IA » au-dessus de 50% si tu n'as pas d'accès au prompt original. Tout le reste c'est du forensic à postériori, qui ne tient pas devant un avocat compétent.
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